

Les Cholitas au sommet du Mont Blanc
27 août 2025
Ana Lia, Estrella, Heydi, Teodora sont quatre femmes aymaras et quechuas originaires de La Paz, en Bolivie. Pendant des siècles, leurs mères et grands-mères ont été cantonnées aux rôles de cuisinières, de femmes de ménage ou de femmes au foyer. Elles, ont choisi un autre chemin : celui de l’émancipation et de la reconnaissance.
Le 26 août 2025, les quatre boliviennes ont gravé un nouveau chapitre de l’alpinisme féminin et culturel en atteignant le sommet du Mont Blanc.

Gravir des sommets contre le machisme en jupes
Elles ont déjà gravi de très nombreux sommets — en Bolivie, au Chili, en Argentine — dont l’Aconcagua (6 961 m) en 2019, le plus haut sommet de la cordillère des Andes. Elles rêvent maintenant d’une montagne de 8000m au Népal, mais avant cela, c'est sur le mont Blanc (4 810 m) qu'elles ont hissé le drapeau bolivien, accompagnées par Agustin, guide de grande expérience et père d'Ana Lia.
Pour ces alpinistes chevronnées, pas de tenues techniques, mais des « polleras », ces jupes amples et colorées superposées qui tournoient au vent, emblème des Cholitas — diminutif affectueux (et autrefois péjoratif) du mot espagnol chola. Une manière de revendiquer, d’exister, et de gravir les sommets en défiant les conventions, souvent masculines.

Comme de nombreuses aventures, le sommet n’est pas l’essentiel : c'est le cheminement, les valeurs et les messages portés qui donnent la force d'avancer. Le Mont Blanc, berceau de l’alpinisme occidental, devient à son tour le théâtre d’un dialogue : celui de la rencontre entre traditions et conquête sans domination. Cet exploit n'est pas seulement un sommet de plus à leur actif, c'est surtout une victoire contre les limites que le monde leur a assignées.
Crédit photos @Ricardo Selvatico
