20 Juin 2011

LA FACE NORD DU PIC GASPARD

Mathieu Detrie dans les Ecrins

S'il existe bien une face paradoxal, c'est celle-ci! Scrutée des centaines de fois par jours, bien visible depuis la nationale qui monte tranquillement au col du Lautaret, la face nord du Gaspard est une des parois les moins fréquentées et des plus secrète des Ecrins!
Je ne sais pas combien elle a connu de passage mais sa réputation de mauvais rocher, l'absence de refuge et son approche bien longue ont sûrement dissuadé plus d'un grimpeur.
Pour nous, attachés à ce massif sauvage, il fallait aller voir de plus près!µ
Les chutes de neiges des jours précédents ont bien blanchi les faces nord. Après un petit repérage, les conditions semble être correcte et nous décidons de partir à la journée pour éviter le bivouac.
Cette fois ci, c'est avec Max Bonniot, jeune talentueux grimpeur de Briançon que nous nous lançons dans cette aventure.

Départ à 3H30 du pied du col, le premier crux consiste à traverser la romanche, pieds nus avec les chaussures dans les mains! Autant dire que le réveil est difficile!
Après 3H30 de marche, nous atteignons le pied de la face, déjà baigné de soleil. Max se lance dans le fameux mur de sérac, qui avec la fonte des glaciers n'est plus qu'un mur à 75°/80° qui se laisse grimper facilement.
La remontée du glacier suspendu est rendu bien pénible par la chaleur et la neige bien ramollie. Vivement l'ombre de la face Nord! Les longueurs d'attaque en mixte sont rapidement grimpées jusqu'à une très belle cascade bien visible depuis le Lautaret. Cette fois ci, c'est moi qui m'y colle. Au final, une longueur pas facile et surtout bien exposée tant les protections sont aléatoires sur ce placage de glace.
Les longueurs de rocher qui suivent sont bien sèches et malgré quelques erreurs d'itinéraires nous grimpons dans un caillou plutôt correcte où l'on place de bonnes protections.
C'est finalement à 16 h que l'on atteint le sommet, dans une tempête qui se lèvent et qui ne va plus nous quitter jusqu'au parking! Comme souvent dans les écrins, la descente est pas facile à gérer surtout avec ce brouillard qui nous empêche de voir à 20 mètres! C'est donc 3 heures plus tard, après quelques errances sur cette arête sommitale, que nous prenons pied sur le Glacier Claire qui signe la fin des difficultés. Le déluge de pluie nous accueille et ne nous lâchera plus jusqu'au parking que l'on atteint à 22H30.

Au final, une superbe journée de montagne de 19 heures, 2200 m de dénivelé, pour réaliser une ascension qui restera gravé dans nos mémoires.