28 Mars 2011

L' AIGUILLE VERTE

François Marsigny dans le couloir couturier

Ayant eu l’occasion de refaire le couloir Couturier l’autre jour à l’Aiguille Verte, je me disais que le massif recelait de nombreux itinéraires magnifiques de difficultés raisonnables. Pour autant, malgré une certaine banalisation cet hiver d’itinéraires plus difficiles, due au fait de conditions particulièrement favorables, je n’aborde pas ces longues voies de neige et glace sans une certaine préparation et quelque appréhension. A l’image de ce couloir Couturier dont l’accès exposé aux séracs menaçants du couloir Cordier doit questionner tout alpiniste qui souhaite entreprendre cette course. Si une bonne préparation ne peut rien contre les chutes de séracs, elle contribue néanmoins grandement au succès de l’entreprise. Prendre des renseignements et lire les topos est souvent un passage obligé, avant de se lancer dans une ascension. Bien qu’ayant gravi plusieurs fois ce couloir je n’ai pas dérogé pas à cette règle en appelant des copains l’ayant réalisé dans les jours précédents. Une fois lancé dans l’entreprise le doute initial doit laisser la place à l’action. Malgré l’apparente facilité de la ligne d’ascension, le couloir lui-même, l’inclinaison étant raisonnable, d’autant plus que l’on dispose d’un équipement que les premiers ascensionnistes n’avaient pas, on se trouve vite sur des pentes " pètent mollets " si l’on ne choisit pas au mieux son itinéraire, en utilisant au maximum les traînées de neige existantes pour éviter de trop longues sections de glace. On a beau avoir été sur bien des sommets du monde, avoir fait des courses bien plus difficiles, la Verte reste un moment fort dans la vie d’un alpiniste. Du haut de ses 4121 m. on domine la vallée et le bassin d’Argentière avec une vue à 360° exceptionnelle. Pour un peu, selon l’heure à laquelle on sort au sommet, on pourrait se croire sur une montagne originelle, loin, très loin du monde des hommes que l’on domine. Il vrai qu’il reste une descente complexe à entreprendre avant de le rejoindre. Et comme le dit si bien Rébuffat : " A la Verte on devient montagnard ".