20 Juin 2010
Seb Ratel au sommet.
Nous sommes partis de Kluane Lake aux alentours du 20 mai pour monter notre camp de base au pied de la face Sud du Mont Logan. Plus exactement au pied d’Hummingbird Ridge, notre objectif principal.
Notre première intention, passé les premiers repérages, est de s’acclimater. Nos regards se posent naturellement sur le Mont Augusta et ses 4300m. Un magnifique éperon se découpe à la limite ombre soleil, il semble inimaginable qu’il n’est pas encore été gravie. Pourtant nous apprendrons qu’il restait non gravie et pour couronner le tout , le sommet avait été foulé seulement cinq fois !
Les deux premières tentatives se solderont par un échec, la première quasiment dès le départ due aux chaleurs des premiers rayons du soleil. Pour la seconde nous partons à minuit, le regel est faible mais nous poussons. Nous grimpons lentement dans un rocher brisé recouvert de neige inconsistante, nous obligeant à grimper avec la pelle plutôt qu’avec les piolets. Ainsi la sanction tombe vers 6 heures avec toujours ce soleil, alors que nous avons parcourue seulement 500m, soit moins d’un quart du chemin.
Frustrés nous repartons à quatre, avec Seb Bohin, Seb Moatti et Manu Pellissier. Cette fois les horaires sont tenus, grâces aux nombreux coups de pelle des précédentes tentatives. Nous parvenons à passer face Nord avant que le soleil nous chauffe les oreilles. La suite est plus roulante, du mixte plus classique et une dernière arrête de neige nous conduit au sommet après 15 heures d’efforts.
Après une petite semaine de repos nous nous sentons près pour le Logan. Nous connaissons les horaires, nous partons à minuit avec six jours d’autonomie. Le début bien que peut technique est fatiguant avec les gros sacs. De plus les montés / descentes successives nous casses le moral. Nous continuons, pas découragés, les difficultés commence avant le premier bivouac avec du rocher très très brisé. Le lendemain nous sommes surpris par la raideur du rocher, plusieurs longueurs de 5 sup.
En fin de journée nous prenons la météo, le temps tourne. Au vue de l’engagement nous n’osons pas continuer. Et redescendons tant bien que mal dans un mauvais couloir.
De retour au camp de base, la météo reste mauvaise, nous attendrons 7 jours une fenêtre pour nous faire récupérer !