20 Février 2012

CASCADES EN SÉRIE.

François Marsigny s' éclate !!

Profitant des bonnes conditions de glace sur la barre de Bocher aux Houches, je gravis une superbe cascade que je ne connaissais pas avec Christophe. 240 mètres de glace en 4+ avec un final en 5/5+ sur une belle colonne. Et ne serait la présence bruyante de la Route Blanche, on pourrait se croire loin de tout. Comme un spot reculé, seulement fréquenté par les chevreuils et autres cerfs, au vu des nombreuses traces que l’on peut voir dans la neige. Contraste de la nature toujours surprenante qui s’adapte malgré tout des délires de notre civilisation : une autoroute pour accéder au Mont Blanc et une déchetterie au sortir de cette belle vallée de Chamonix pour absorber les excédents de notre sur consommation.

L’information circulant sur le web que la cascade de Moulin Marquis était en bonnes conditions, il me vient à l’esprit d’aller la gravir dans la journée au départ de Chamonix. Pour y accéder, 3 h de route puis une approche de 20 minutes et la cascade est là. Dans la salle du tour de rôle de la Compagnie je me retrouve assis à côté de Thierry Renault et lui propose de se joindre à moi pour cette escapade au parfum d’école buissonnière. Pas de client, une sortie entre guides et un superbe objectif en perspective. Rendez-vous est pris pour le lendemain matin à 5 h. Avec Thierry, nous apprécions de partager la même corde à l’occasion, bien que cela soit assez rare. Ce qui en fait des moments particulièrement privilégiés.
Le topo des répétiteurs parlant de 6+, on décide d’aller voir la cascade d’en face en faisant quelques kilomètres supplémentaires après Choranche. La ligne est d’ampleur et la période de grand froid de cette année autorise une ascension dans des conditions de sécurité satisfaisante. Seul bémol il y a déjà du monde dans les premières longueurs. Au total, 11 glaciéristes nous précèdent. Qu’à cela ne tiennent, nous choisirons l’itinéraire qui nous semblera le moins exposé au chutes de glace.
Attaquant à 8h35 sur une glace tendre et ductile, nous enchaînons les longueurs rapidement, n’hésitant pas au besoin à faire de la corde tendue. Avec Thierry nous n’avons pas nécessité de crier relais, nous nous faisons mutuellement confiance tout en étant sûrs de notre technique.
A 12 h 10 nous débouchons au sommet des 420 m. de la cascade après avoir doubler de nombreuses cordées. Nous retrouvons, Stéphane, Benoît et Damien, qui ont eu la sagesse de poser une voiture au village sur le plateau ce qui nous évitera une séance de stop sur les routes peu fréquentées du Vercors.
Tout cela se termine autour d’un plat de ravioles à Pont en Royans où nous discutons de cette belle escalade et des conditions exceptionnelles de ce début février. Et enfin nous reprenons la voiture pour rentrer sur Chamonix et le tour de rôle, tout en discutant de cet « ice footing » que nous avons fait sur cette magnifique cascade réputée difficile et engagée. Encore une journée d’anthologie que nous garderons dans nos mémoires. Pas mal pour une cordée plus que centenaire, toujours motivée par de beaux projets !

Le lendemain je suis encore sur la glace pour faire découvrir les piolets et crampons Simond à Philippe, qui est en charge du développement des produits dans l’entreprise. Cette fois je vais parcourir les petites cascades à côté du rocher de la plaine Saint Jean à Servoz. Un fois encore, c’est le froid de la semaine précédente qui a permis à ces deux lignes de se former. Il faut cependant se méfier d’un phénomène de coque sous laquelle l’eau coule en abondance et se faire léger pour éviter de fragiliser l’édifice. Philippe ressort enchanté de la découverte de cette activité souvent plus ludique qu’extrême, pour peu que l’on sache prendre les précautions qui s’imposent et observer les conditions. En un mot respecter le terrain…