François Marsigny

Guide de Haute-Montagne, Professeur à l'ENSA

François revient du Cho Oyu et de sa 9ème voie dans la face Nord des grandes Jorasses… Il suffit d’ouvrir un topo ou une chronique pour se rendre compte de son activité incroyable... Guide de haute montagne, professeur à l’ENSA, mais surtout grand amateur de haute montagne, François Marsigny est avant tout un passionné…

Alors François, cette voie polonaise aux grandes Jorasses, c’était comment ?

"Oh, je suis allé là-bas parce que j’avais des infos sur les conditions ; et puis je voulais voir si j’arrivais toujours à tenir mes piolets… Je crois que l’expédition au Cho Oyu m’a fatigué, car je ne me sentais pas très en forme » Les Jorasses et le Cho Oyu… on peut dire que c’est l’inverse non ? D’un coté une montagne raide et très technique à quelques heures de marche de chez toi et de l’autre une des montagnes les plus hautes et les plus reculées du monde sans difficulté technique particulière ! « Je grimpe par plaisir, quel que soit le terrain. Au Cho Oyu, on est dans le domaine enivrant de la très haute altitude avec tout ce qui va autour : le voyage, le trek, l’acclimatation. En plus j’étais avec ma femme Martine et partager avec elle mon premier 8000 était une expérience riche en émotions ! Les Jorasses c’est la face mythique : raide et austère, très technique et facile d’accès ; c’est d’ailleurs ce que j’aime à Chamonix: la technicité et la proximité. Avec Thierry Renaud, nous formions « la cordée des anciens » ; deux potes en montagne, tout simplement !"

Qu’avais-tu comme matériel lors de ces deux réalisations ?

« J’aime bien être léger sans pour autant sacrifier la sécurité. Je cherche toujours le meilleur compromis possible : Au Cho Oyu, j’avais le Titanium 820, un piolet unique qui te permet d’avoir un outil sur lequel tu peux compter avec un poids hallucinant (320g NDLR) ! J’avais aussi les crampons Makalus Lanières, excellent compromis légèreté/technicité/sécurité. Aux Jorasses, j’avais les crampons Vampires Mixtes : J’aime bien leur coté polyvalent-technique alliant des pointes avant forgées à un crampons montagne. Ca donne un outil idéal dans ce type d’itinéraire : Léger, technique & précis. Du coup je l’utilise aussi en cascade et dry tooling… Niveau piolets j’avais opté pour le couple Marteau piolet Anaconda et Anaconda light. J’ai monté une dragonne longue coté marteau. Le premier me donne un outil imperdable pour pitonner et l’autre un engin ultra léger (470g NDLR) et très maniable pour les parties techniques. J’avais en plus les nouvelles versions, où l’on gagne 60g par piolet et une nouvelle lame »

Cela fait des années que tu es un proche collaborateur de Simond, peux-tu nous dire ce qui te lie tant avec la marque ?

« J’ai trouvé chez Simond la taille et l’esprit que je cherchais : une écoute avant tout et des produits très techniques qui m’ont permis, tout au long de ma carrière, de progresser et de m’engager dans des projets toujours plus audacieux. Simond a toujours su être à la pointe de l’innovation tout en restant à l’écoute des grimpeurs ; pour moi la base de toute relation de ce type. »

Tu grimpes depuis plus de trente ans et on peut dire que tu fais partie des grands de l’alpinisme : tu as grimpé dans le monde entier et tu as reçu de nombreuses récompenses pour cela ; tu es guide à la Compagnie de Chamonix, professeur à l’ENSA et tu es sans aucun doute un de ceux qui ont la plus grande liste de premières… Qu’est ce qui te fait encore grimper ?

« Mes motivations profondes ont évolué en 30 ans de montagne mais je crois que ce qui est resté intact depuis le début c’est le plaisir de grimper et d’être en montagne…»