19 Avril 2011
Un jour viendra
Cette course fait partie des grandes classiques du massif : 8 km de développé, 4000mètres de dénivelé, une sortie au Mont Blanc… Le bivouac est effectivement quatre étoiles et nous philosophons, Pierre –Alain et moi, en regardant le soleil décliner sur les piliers du versant Italien du Mont Blanc, nous sommes heureux d’être là. Le deuxième jour nous permettra de terminer la Noire, de descendre ces fameux 15 rappels qui ont fait le mythe de cette traversée, et de gravir ( et descendre !)les Dames anglaises, ce groupement de gendarmes effilés et élégants qui surplombent le glacier du Freney. Il n’est que 15 heures lorsque nous atteignons le petit " tonneau " métallique accroché à la paroi par quelques câbles et lambeaux de cordelettes, fixés au grès des ascensions. Tant pis, nous avons le temps et au lieu de poursuivre l’itinéraire et de sortir exténués au sommet du Mont Blanc, nous nous asseyons paisiblement, et terminons les discussions entamés la veille ! nous sommes toujours heureux d’être là… Le troisième jour, nous parvenons au sommet de la pointe Gugliermina puis nous chaussons les crampons pour traverser sur l’Aiguille Blanche de Peuterey. Une fois de plus il faudra enchaîner des rappels périlleux pour prendre pieds au col de Peuterey et terminer notre ascension par la fin du Grand Pilier d’Angle. Une fois de plus ( vu notre découpage de la course sur trois jours ), nous arrivons relativement tôt au refuge du Goûter, bien sûr nous ne sommes pas totalement " frais et dispo " mais il aurait tout a fait été envisageable de redescendre dans la vallée dès cette fin d’après midi. Au lieu de ça, nous rencontrons pas mal de copains guides ou non, avec qui nous discutons, nous buvons une puis deux bières. Finalement nous décidons de rester encore une nuit dans les hauteurs, je crois que nous n’étions pas pressés de redescendre et de mettre fin à ce rêve de gosse qui enfin, ou malheureusement, s’était concrétisé. Il n’est jamais facile de trouver un " après " lorsqu’une ascension se termine et que chaque instant fût un délice… Stef Roguet
On est jeune, on débute l’alpinisme, on en entend parler…" Un jour, je la ferai ". Pendant des années on se construit en tant qu’alpinisme, en tant qu’homme, et on a toujours ce grand projet dans un coin de la tête. Puis vient le moment où tout semble prêt : le bonhomme, la montagne, le copain, la météo, le temps libre…L’anticyclone est " vaché ", alors c’est maintenant ! Nous choisissons le timing le plus long, c'est-à-dire de partir tranquille le samedi matin, pour monter bivouaquer à environ 100 mètres sous le sommet de La Noire de Peuterey, premier " pic " de ce long voyage qui durera 3 jours.